Présentation du Salon 2017

La troisième édition d’Athéna se déroulera à Saint-Pierre dans les Jardins de la Plage du 05 au 08 octobre 2017.

La thématique proposée cette année intègre parfaitement la réflexion d’une île au monde. Elle nous incite à nous inscrire dans une démarche réflexive et itérative où viennent s’agréger des pans entiers de notre histoire. Nous sommes un berceau culturel fait des apports du monde d’hier et d’aujourd’hui, des esclaves, des engagés, des colons, des migrants, qui labourèrent cette île aride créant un habitus créole respectueux des cultures et fier d’une langue commune. La créolisation est en marche.

Forgée par 350 ans d’histoire, notre île a construit sa propre identité en cristallisant dans un espace nouveau les divers modes de vie de gens venus de différents continents pour créer l’homme réunionnais.

Notre histoire est un enfantement permanent et intelligence collective qui nous a permis de dépasser nos propres origines pour nous projeter dans l’espérance d’un avenir apaisé. L’homme réunionnais est né sdes entrailles de tous les continents.

Des hommes et des femmes lestés d’une histoire singulière, riches d’une culture personnelle, portées par une fierté commune et partageant une langue – le créole – : voilà le fondement de la créolisation.

La créolisation du monde est le mouvement inverse de la mondialisation. La littérature est un outil de son développement et de son universalisme.

Aujourd’hui, elle est devenue une littérature de création permanente, où le choc des cultures, les interférences, les désordres intérieurs de chacune d’elles deviennent des sources d’inspiration plus riches et plus proches de l’évolution du monde.

Nous devons accompagner ce mouvement de créolisation, l’enrichir de diverses manières :

  • Manifestation pour la promotion de la culture créole

  • Prix littéraire visant à susciter l’engouement pour la littérature créole

La créolisation est un regard sur le monde plus respectueux de la diversité en marche, une puissance créatrice capable de s’enrichir de cette diversité.

Elle s’appréhende comme la richesse d’une île monde au monde, porteuse d’une ambition moderne, d’un espoir partagé où la parole se décline à travers une expression culturelle ouverte.

A l’heure où grand nombre de nations se replient sur elles mêmes en construisant des murs, politisent la différence, s’inscrivent dans le rejet de l’altérité, la créolisation vient bousculer ces comportements et donner une leçon d’optimisme au monde, ouvrir un espace de liberté aux peuples épris de justice, de tempérance et de sagesse.

Dans « Ile de La Réunion » (Société d’éditions géographiques, maritimes et coloniales – 1931), Marius et Ary Leblond illustraient déjà cette notion en rappelant que « Gallieni – militaire et administrateur des colonies françaises et dix administrateurs ont rendu hommage à l’intelligence et au civisme des créoles, à la finesse et à la courtoisie de leur culture, à la ferveur érudite que la connaissance des glorieuses traditions françaises de l’Océan Indien met dans l’esprit et jusque dans leur cœur. Tout cela constitue une atmosphère spirituelle où chaque être, chaque objet prend un prix inestimable, une patine, une résonance d’histoires égales à la mélodie infinie des plus beaux poèmes de Leconte Delisle et de Léon Dierx ».

La diversité est notre richesse ;

La langue notre véhicule ;

La créolisation notre viatique ;

La Réunion notre port d’attache.